La fin du pétrole bon marché

syriana.0Les factures de chauffage des ménages dérapent, les entreprises de transport disent adieu à la rentabilité, les automobilistes font la grimace à la pompe… Tout cela n’est rien à côté de ce qui pourrait suivre si, comme le pensent certains, 2005 a bien été l’année du «pic du pétrole».

La mauvaise nouvelle, c’est que ce mot de «certains» ne recouvre plus seulement des militants écologistes, mais des scientifiques, des organismes financiers, industriels, et des personnalités de tous bords, non suspects de mettre leurs déclarations au service d’idées «environnementalistes». L’inquiétude de tous tient en quelques mots: «Est-ce la fin du pétrole bon marché?». Si la réponse est oui, elle pourrait à elle seule expliquer non seulement le prix sans cesse croissant du pétrole brut, mais aussi la plupart des soubresauts militaires, économiques et politiques qui agitent actuellement le monde. Pour le comprendre, un détour par la géologie s’impose.

De quelles réserves dispose-t-on?

Chacun sait confusément que les réserves planétaires de pétrole ne sont pas infinies. Mais devant l’énormité des chiffres et l’étendue de temps considérée, cela ne semble pas avoir de conséquences concrètes à l’échelle d’une vie humaine. C’était vrai en 1960. Mais les chiffres actuels ne sont pas rassurants et, de plus, leur interprétation n’est pas évidente: selon l’expert français Jean-Marc Jancovici, les réserves de pétrole sont une notion subjective, «une simple déclaration de l’opérateur, qui correspond à ce que ce dernier est certain de pouvoir faire sortir de terre, compte tenu des informations géologiques, techniques, et économiques du moment.» Les réserves fluctuent donc en fonction du cours du brut (qui rend économiquement viable ou non, l’exploitation de certains champs) ou en fonction de ce qu’il est judicieux de dire aux actionnaires…

Les réserves varient d’après les définitions qu’on leur donne («prouvées», «incertaines», pétrole «conventionnel», «non conventionnel»…), elles-mêmes différentes selon le pays; elles varient aussi selon le taux de récupération prévu, dépendant lui-même du perfectionnement des techniques utilisées, et selon le cours du brut, qui justifie économiquement (1), ou interdit, le recours à ces techniques. Les réserves varient enfin en fonction des déclarations des producteurs et des glissements qu’ils opèrent, sur papier, entre ces catégories, pour des raisons stratégiques ou géopolitiques.

En janvier 2004, Shell annonçait que certaines réserves d’hydrocarbures devaient changer de catégorie: de réserves «prouvées» elles devaient passer en réserves «incertaines». Résultat: son action a perdu 7%, ce qui a eu pour effet de faire sauter des têtes à la direction de la compagnie… Par contre, d’après le rapport 2003 de BP sur l’énergie mondiale, l’Arabie Saoudite est passée, entre 1985 et 1990, de 169 milliards à 258 milliards de barils de réserves «prouvées», et les principaux producteurs de l’OPEP sont dans la même situation: Abu Dhabi (30 milliards de barils déclarés en 1985 contre 92 milliards en 1988), Iran (48 milliards en 1985, 92 milliards en 1988), Irak (44 milliards en 1985, 100 milliards en 1988), etc.campbell
Rassurant? Voire… Car aucune découverte significative de nouveaux champs pétrolifères n’a eu lieu dans ces pays au cours de la période… Selon le docteur Colin Campbell (photo), un des fondateurs de l’ASPO (Association for the Study of the Peak Oil, composée de scientifiques et de cadres de compagnies pétrolières à la retraite), près de 50% des réserves actuelles déclarées par les principaux pays de l’OPEP sont «douteuses, sinon fausses».

Les «réserves» de pétrole ne sont donc, au mieux, que des statistiques, au pire, que des paris effectués par des géologues, et rendus publics seulement en partie, en fonction de besoins de communication stratégique. Il ne reste que deux certitudes: certaines réserves connues resteront inaccessibles économiquement ou techniquement, et toute réserve a une fin.

Les réserves en (faux) chiffres

Dans l’édition 2005 de son Statistical Review of World Energy, basée sur les chiffres officiels de toutes les compagnies, British Petroleum fait état de 1.188,6 Gb de réserves pétrolières mondiales (1 Gb ou Gigabaril équivaut à 1 milliard de barils de pétrole; 1 baril = 42 gallons US soit 158,97 litres). La consommation mondiale étant de 1 Gb tous les 11,5 jours (soit 86,96 millions de barils/jour), il est facile de calculer combien de temps ces réserves permettront à la consommation de continuer à ce rythme:

1.188,6 Gb x 11,5 jours = 13.668,9 jours soit 37,5 ans

Mais ce calcul simpliste est faux pour trois principales raisons:

1/ parce que les chiffres véritables sont connus des seules compagnies pétrolières. Il y a toutes les chances pour qu’ils soient systématiquement surévalués. Selon l’ASPO, les réserves réelles seraient de 777 Gb, soit 24,5 ans;

2/ parce que la croissance mondiale de la consommation et surtout l’explosion de la croissance économique de la Chine et de l’Inde pourraient faire doubler la consommation mondiale d’ici 2035; les 37,5 ans ou 24,5 ans, calculés sur la base de la consommation actuelle, pourraient ainsi se réduire fortement;

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L’évolution dans le temps des découvertes de nouvelles réserves pétrolières par rapport à l’évolution de la consommation (source: ASPO – Association for the Study of Peak Oil).

3/ parce que de nouvelles découvertes vont compenser la consommation. Pas beaucoup hélas… car on n’a plus découvert de champ important depuis plusieurs années (voir graphique ci-dessus). Les spécialistes s’accordent à dire qu’il n’y a tout simplement plus de champ géant à découvrir sur cette planète. Nous vivons sur les découvertes faites voici 30 ans. Actuellement on découvre 1 nouveau baril pour 4 à 6 consommés.

La fin pour plus tard, les problèmes pour tout de suite!

À bord d’un bateau qui sombre, les passagers éprouvent de graves problèmes bien avant que la pointe du mât disparaisse sous la surface… Dans le cas du pétrole, il est clair que les problèmes seront là bien avant l’extraction de la dernière goutte de pétrole, qu’elle s’écoule dans 24,5 ou 37,5 ans. Ils commenceront quand le pétrole sera moins abondant, donc plus cher. Ils seront avérés quand la demande sera supérieure à l’offre.

Selon certains, le croisement entre offre et demande aura lieu en 2007, voire 2008. Dans 10 ans, selon les plus optimistes. «Maintenant», disent les pessimistes (lire «Sombres scénarios d’avenir»). Car selon eux, nous y sommes: d’après une source confirmée par les dires d’un expert iranien (lire ci-dessous), l’offre ne dépasse plus actuellement 83,80 millions de barils/jour (lire «Le géologue qui avait vu loin»). Et nous savons que selon BP, la demande est de 86,96 millions de barils/jour.

Il suffit de suivre l’actualité dans la presse quotidienne, qui fait état chaque semaine de raffineries à fond de capacité, d’investissements insuffisants lors de ces dernières années, causes de sous-capacité de raffinage, de pays producteurs incapables d’extraire plus de barils, de demande explosive de la Chine, pour rejoindre le clan des pessimistes.

Mohammad-Ali Khatibi, directeur du Centre international d’études énergétiques, bureau d’étude de l’OPEP basé à Téhéran, déclarait en juillet 2005 à l’agence de presse Pars que les producteurs de l’OPEP et non-OPEP ne seront pas capables de pourvoir à la demande du quatrième trimestre. Cet officiel, membre d’un organisme affilié au ministère du pétrole, annonçait que la production actuelle de 85 Mb/j serait dépassée par la demande croissante prévue à 87 Mb/j au quatrième trimestre 2005, mettant les pays producteurs devant 2 Mb/j à pomper en plus, ce qu’ils ne pourront pas faire (1 Mb ou Mégabaril équivaut à 1 million de barils).

Khatibi affirmait aussi que le manque de capacité de raffinage supplémentaire dans les pays consommateurs provoquerait sur les marchés mondiaux du brut plus d’instabilité que le manque de capacité de production par les pays de l’OPEP et non-OPEP. Pour rétablir la stabilité du marché, les producteurs ont besoin d’environ au moins 4 Mb/j supplémentaires à cause de la demande croissante, précisait-il. Mais l’absence de capacité de raffinage pour traiter toute nouvelle production va faire monter en flèche les prix mondiaux du pétrole, donnait-il en réponse aux raisons fondamentales de l’augmentation des prix du pétrole.

Khatibi déclarait aussi que la hausse des prix du pétrole jusqu’à 60$ le baril serait probable pour l’hiver 2005. Il concluait par: «Quelles que soient aujourd’hui les décisions des ministres de l’OPEP, cela n’aura pas d’effet tangible sur les prix du pétrole». Un chiffre de 60 US$ nous semblait de la science-fiction voici un an ou deux. Or l’examen des chiffres des derniers mois montre qu’en effet le cours du brut à New York, n’est descendu sous 60 US$ que pendant de très brèves périodes, et que depuis 2006, il oscille sans cesse autour de 70 US$…

L’Agence internationale de l’énergie a annoncé au printemps 2006 que la production russe de pétrole serait, dans les prochaines années, très en dessous des prévisions. Ce qui s’annonce pour l’immédiat n’est donc pas la fin du pétrole, mais la fin du pétrole bon marché. Ce qui n’est pas non plus une bonne nouvelle. Pourtant elle était connue de longue date, même si personne n’y a cru au début. Comme pour le réchauffement climatique…

Relire l’histoire récente… et l’actualité

La crise qui s’annonce serait donc cette fois d’origine géologique et non politique comme celle de 1973 (voir plus loin). Si c’est vrai, ses conséquences n’auront aucune commune mesure avec ce que nous avons connu précédemment. Selon certains analystes, toute la géopolitique mondiale peut être réinterprétée à la lumière de ces notions de géologie, ainsi que toute la stratégie militaire américaine de l’après-guerre, ou plutôt de l’après-pic de Hubbert américain (1970): la crise délibérément provoquée par l’OPEP en 1973, sachant le pic américain dépassé, l’activation en réplique par les pays occidentaux des champs pétroliers de la mer du Nord, puis la crise de 1979 liée à la révolution iranienne, qui permit à l’OPEP de reprendre la main, suivie par la contre-offensive américaine effectuée en armant Saddam Hussein, dont on sait ce qu’il advint.

Selon Wang Jian, un expert de la société de macroéconomie de Chine, les USA auront terminé dans 3 ans leur stratégie de main-mise sur les ressources d’énergie mondiales, probablement par l’occupation de l’Iran, déjà encerclé (Irak, Afghanistan, Pakistan, Etats du Golfe). Ce moment coïncidera avec une soif jamais égalée de la Chine pour le pétrole… L’affrontement sera inéluctable et rien ne dit qu’il se limitera au champ de bataille commercial.

Lue à travers cette grille d’interprétation, même l’actualité quotidienne prend d’étranges résonances: en juillet 2005, Shell annonçait comme par miracle la découverte d’un nouveau méga-champ de pétrole au Nigeria; le bras de fer entre la communauté internationale et l’Iran sur la question de sa production de matières fissiles s’accentue, comme si l’on préparait déjà l’opinion à la nécessité d’une intervention militaire; le pétrole poursuit son ascension (le baril est coté à plus de 68,75 $ à New York à l’heure d’écrire ces lignes [31/08/06], après avoir flirté avec les 77 $ pendant la moitié du mois) alors que paradoxalement la Bourse se porte bien… Inexplicable? Pas selon certains analystes qui assurent que cette embellie boursière est «réactionnelle» et annonce une baisse, voire pire.

Des prix cauchemardesques

«Avec un prix de 75 $ le baril maintenu pendant plusieurs mois, l’économie américaine pourrait entrer en récession, écrivait en 2005 Mark Zandi, chief economist de Economy.com, ce qui en fait rendrait improbable une hausse atteignant 100$. Je pense que l’économie s’effondrera avant que nous atteignions 100$», dit-il aussi. Or le baril dépasse 75$ régulièrement depuis juillet 2006 – les mois qui viennent permettront de vérifier cette affirmation.

Le groupe financier français Ixix CIB (Caisse d’épargne) n’est pas du même avis et affirme qu’il n’est «pas déraisonnable de prévoir un baril à 380 $, dans dix ans».

Avec des prix aussi cauchemardesques, le pétrole ne sera plus un combustible pour le grand public, mais une matière première précieuse réservée à des besoins vitaux. Ce sera évidemment la fin des compagnies aériennes low-cost et sans doute de l’aviation civile, de la voiture individuelle, la disparition de la mondialisation, le début de grosses difficultés dans la production agricole. Et puis? Des guerres du pétrole? Un changement de civilisation? Certains n’hésitent pas à l’affirmer. Car ces questions d’approvisionnement en énergie sont indissolublement intriquées avec deux autres notions qui occupent (ou devraient occuper) l’avant-scène de nos préoccupations: la croissance de la démographie mondiale (2) (lire à ce sujet «Le Protocole de Rome») et le réchauffement climatique, un problème longtemps nié lui aussi, alors qu’il suffit aujourd’hui d’ouvrir sa porte pour le voir à l’œuvre…

Tentative pour conclure…

«Nous devrions nous faire du souci. Le délai est court et nous n’en sommes même pas encore au point d’admettre que nous avons un problème», estime Chris Skrebowski, éditeur de la Petroleum Review, une publication mensuelle du Energy Institute de Londres.

La tentation est grande, bien entendu, de considérer tout ceci comme un roman de science-fiction. Et on aimerait trouver une profusion d’auteurs apportant des démentis crédibles, et surtout argumentés, pour réfuter ces théories apocalyptiques. Mais ils sont rares. Et lorsqu’ils s’expriment, leur optimisme tient plus de l’acte de foi que de la démonstration. Certains affirment que les milieux économiques sont même «mentalement incapables» d’envisager que le pétrole pourrait finir. Comme un malade en phase terminale, notre société hydrocarbonée serait-elle dans sa phase de déni?

Si même l’on suppose que les théories de Hubbert, Duncan, Meadows, Campbell, l’ASPO et tous les autres sont à 100% fausses, le seul fait que le secteur pétrolier souffre d’une sous-capacité d’extraction et de raffinage, due à des sous-investissements décidés par manque de marge bénéficiaire ces dernières années, ce simple fait suffit à prédire que le prix du pétrole se maintiendra à la hausse pendant la prochaine décennie, le temps que les nouveaux investissements nécessaires soient réalisés.

Une économie mondialisée repose entièrement sur une énergie bon marché. Si cette donnée change, l’économie change, et la société également. Des valeurs de proximité remplaceraient, par la force des choses, les valeurs de mobilité. Ce n’est plus d’évolution qu’il s’agit, mais de révolution. Ceux qui l’auront compris à temps auront un avantage décisif pour mieux vivre dans des conditions qui seront matériellement plus difficiles. Sans compter d’autres difficultés, d’ordre moral ou politique. Le tiers-monde se bouscule et s’infiltre déjà à nos portes par tous les moyens. Si les choses prennent la tournure qu’annoncent Meadows, Duncan et les autres, il est à craindre que les gouvernements occidentaux choisissent de refouler par la force une vague d’immigration clandestine qui aura pris les proportions d’une marée.

Et en attendant? Il suffit de regarder autour de soi: l’orchestre continue à jouer. Comme sur le Titanic.

Patrick Bartholomé

(1) A l’extrême, il devient non seulement économiquement insensé mais aussi énergétiquement inutile d’exploiter un gisement de pétrole quand l’énergie employée pour extraire un litre est supérieure ou égale à celle contenue dans ce litre!
(2) La démographie mondiale dont on pensait voici 20 ans qu’elle plafonnerait à un chiffre catastrophique de 12 milliards d’individus, s’annonce aujourd’hui avec un plateau à 9 milliards. Cette révision est due à la baisse généralisée de la natalité dans la plupart des pays du monde. C’est probablement la seule bonne nouvelle de ces dernières années. Mais s’il faut en croire les tenants des théories de Meadows ou de Duncan (voir plus loin), la population pourrait revenir avant la fin du 21e siècle à un chiffre de 1 à 2 milliards. Bien évidemment, pas sous le seul effet des «départs naturels»…

 

RESSOURCES

Réserves de pétrole

En français: http://www.manicore.com/documentation/reserve.html
En anglais: http://www.manicore.com/anglais/documentation_a/oil_reserve.html
Association for the Study of the Peak Oil
ASPO: http://www.peakoil.ie
À lire en particulier, les newsletters de l’ASPO, en anglais et en français.

Déplétion pétrolière

En français:
http://www.transfert.net/a9643
http://www.dossiersdunet.com/article.php3?id_article=131
http://www.oleocene.org/index.php
http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/index.html
http://www.lecourrier.ch/modules.php?op=modload&na…
En anglais:
http://www.lifeaftertheoilcrash.net/
http://home.entouch.net/dmd/Future_oil_supply.htm
http://www.hubbertpeak.com/
http://www.cge.uevora.pt/aspo2005/abstracts.php
http://www.powerswitch.org.uk/
http://wolf.readinglitho.co.uk/
http://www.seraph.demon.co.uk/Hubble.htm
http://dieoff.org/synopsis.htm

Presse écrite

«ChevronTexaco’s CEO banking on peak oil situation», San Francisco Chronicle.
«The end of oil is closer than you think»,
The Guardian.

Presse télé (BBC News)

«UK oil flow to become a trickle»
«When the last oil well runs dry»
«Oil and conflict – a natural mix»
«Head-to-head: Oil concerns»
«Is the world’s oil running out fast?»

Population mondiale: compteurs en direct et prévisions

http://www.census.gov/ipc/www/world.html
http://www.populationmondiale.com/
http://www-popexpo.ined.fr/
http://www.dieoff.org/
http://www.survivingpeakoil.com/

Limites de la croissance

http://www.revue-ddt.org/dossier001/D001_A02.htm
en français: www.manicore.com/documentation/club_rome.html
en anglais: www.manicore.com/anglais/documentation_a/club_rome_a.html
Olduvaï:
http://dieoff.org/page125.htm
http://dieoff.org/page133.htm
http://dieoff.org/page224.htm

Livres

En français:
La vie après le pétrole: De la pénurie aux énergies nouvelles, Jean-Luc Wingert, Autrement, 2005.
Les enjeux de l’énergie: Pétrole, nucléaire, et après?, Ludovic Mons, Larousse, 2006.
En anglais:
The End of Cheap Oil, Colin J. Campbell et Jean H. Laherrère, Scientific American, mars 1998, pages 78-83.
The End of Oil: On the Edge of a Perilous New World, Paul Roberts (2004).
Out of Gas: The End of the Age of Oil, David Goodstein (2004).
PowerDown: Options and Actions for a Post-Carbon World, by Richard Heinberg (2004).
High Noon for Natural Gas: The New Energy Crisis, by Julian Darley (2004).
Hubbert’s Peak: The Impending World Oil Shortage, by Kenneth S. Deffeyes (2003).
The Party’s Over: Oil, War and the Fate of Industrial Societies, by Richard Heinberg (2003).

Le prix du pétrole brut

Le cours du brut en direct.
Cours extrêmes depuis le 1/1/06:
Le + haut: 77,99 le 13/7/06
Le + bas: 57,70 le 15/2/06
Depuis janvier 1994:
Le + haut: 77,99 le 13/7/06
Le + bas: 10,72 le 10/12/98

Secteurs d’utilisation

Le pétrole est un produit stratégique utilisé dans un grand nombre de secteurs différents, ce qui en fait une denrée vitale et centrale dans l’économie mondiale. A titre d’exemple, à la sortie d’une raffinerie aux Etats-Unis, un baril (158,97 litres) de pétrole génère les quantités moyennes suivantes de produits raffinés:

 

Produit
Litres

carburants

gazole et mazout léger (fioul domestique)

kérosène (carburéacteur pour l’aviation)

mazout lourd (fret maritime, centrales thermiques, industries)

gaz de pétrole du raffinage

autres gaz (éthane, propane, butane)

coke

asphalte

bases pour la pétrochimie

lubrifiants

kérosène (ou pétrole lampant)

autres (cires, graisses)


73,8

34,8

15.2

8.7


7.2

7.2

6.8

4.9

4.5

1.9

0.7

1.1

Source: Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED)

1 commentaire Laissez le votre

  1. le 1 mars 2007 à 15:43

    AvatarAlain #

    A lire pour d’autres précisions : La fin progressive du pétrole

    Pour remplacer les 49 millions de tonnes de pétrole consommées par les seuls transports avec des agro-carburants (biocarburants) il faudrait utiliser plus que la superficie de la France et 3,6 fois celle des terres cultivées du pays.

    Nous devons consommer beaucoup moins d’énergie et nous préparer à des réalités contraignantes, en changeant de façon radicale notre mode de vie, l’organisation du territoire (passer de l’exode rural à l’exode urbain), l’urbanisme, l’architecture, l’organisation économique et sociale.

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