De quel bois chauffer son eau ?

De quel bois chauffer son eau ?

Le magazine Test-Achats a récemment publié un article qui compare les consommations énergétiques des différents modes de chauffage de l’eau pour préparer du thé ou du café. Ces chiffres sont l’occasion d’une petite réflexion sur le chauffage culinaire en général et sa place dans notre « assiette » énergétique, sous la lumière du développement durable.

Test-Achats prend comme base le chauffage d’un litre d’eau froide à 15°C jusqu’à 95°C, soit une différence de température de 80°C. La physique nous enseigne qu’il requiert 80 kcal ou bien encore 93 Wh d’énergie thermique. Pour calculer les rejets en CO2 associés, nous prendrons les chiffres de la CWAPE, soit 456 g par kWh électrique et 251 g par kWh thermique de gaz.

Etonnamment, le chauffage électrique avec une bouilloire est plus écologique que le chauffage au gaz naturel avec un poêlon.

Nous avons retenu un prix moyen de 0,20 € par kWh électrique et de 0,06 € par kWh gaz. Nous avons calculé la consommation annuelle sur base d’un litre par jour.

Parmi les modes de chauffage électrique, la palme revient donc à la bouilloire avec un rendement de 89% et une production de 47 g de CO2 par litre. La taque à induction se classe au deuxième rang devant la taque vitrocéramique. Le micro-ondes a le rendement le plus médiocre.

Chauffer son eau au gaz est peut-être un rien moins cher qu’à l’électricité mais produit davantage de CO2, c’est-à-dire, augmente la consommation d’énergie primaire. On retiendra donc pour l’environnement qu’il vaut mieux cuisiner à l’électricité sur des taques à induction plutôt qu’au gaz. C’est également vrai pour la sécurité.

Cela dit, les montants annuels sont dérisoires. Quelques euros par an, quelques dizaines de kg de CO2. Cette consommation pèse de manière homéopathique dans le budget des ménages. Les grandes dépenses économiques, énergétiques sont aussi celles qui affectent grandement l’environnement: la voiture, le chauffage du logement, la nourriture…

En chauffant son café, un belge ne produit environ que 10 kg de CO2 par an ce qui est très peu au regard des quelques 10 tonnes que la Belgique rejette chaque année par habitant.

Si le café vous empêche de dormir, ce ne doit pas être lié à son impact sur notre planète…

4 Commentaires Laissez le votre

  1. le 12 avril 2010 à 10:52

    AvatarCyril #

    Ne faudrait-il pas également prendre en compte les rendements amonts ?

    Pour me fournir 104 Wh d’électricité à la prise de courant, combien de Wh d’énergie primaire ont été consommés lors de la production et du transport de cette électricité ?

  2. le 12 avril 2010 à 12:01

    AvatarFabian #

    Dans son blog « Sustainable Energy – without the hot air », David Mackay compare les différents moyens pour chauffer de l’eau :

    http://withouthotair.blogspot.com/2009/11/how-to-boil-water-sequel.html

    Le micro-onde arrive aussi en dernier.

    Par contre, je suis septique concernant l’utilisation du couvercle qui n’améliore que de 3% l’énergie nécessaire pour faire bouillir l’eau.

    Je recommande aussi la lecture du livre « Sustainable Energy – without the hot air » écrit par ce talentueux physicien. Dans son livre, David Mackay chiffre le potentiel des différentes énergies renouvelables.

  3. le 14 avril 2010 à 20:00

    Le choix de prendre 456 gr de CO2 par kWh pour l’électricité est discutable car cuisiner à l’électricité, c’est utiliser de l’électricité aux moments d’extrême pointe de 11h à 12h le matin et le soir de 18h à 20h en hiver. A ces moment là il faudrait plutôt compter du CO2 marginal de 600 à 700 gr de turbines à gaz conventionnelles.
    Pour le café ou le thé de 14h ou le dimanche, là c’est moins.

  4. le 4 août 2010 à 13:13

    Je partage le point de vue de Cyril.
    D’autre part, il y a une grande différence entre chauffer de l’eau dans un poêlon et une bouilloire sur le gaz. Avec ces 2 points, le gaz devrait à mon avis prendre la 1ère place.

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